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Témoignages sur la guerre d’Algérie au lycée Auguste Renoir à Asnières-sur-Seine, le 24 novembre 2023

vendredi 1er décembre 2023, par Christian Travers

C’est à l’initiative de l’Onac et à celle de trois professeurs de l’établissement : Mesdames Marguerite Graff (professeur d’histoire et géographie), Caroline Latournerie (professeur d’histoire et géographie) et Bérangère Talbot (professeur de philosophie), que nous avons été conviés à témoigner sur la guerre d’Algérie devant deux classes de terminale de la spécialité HGGSP (histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques) : un peu plus de 60 élèves, particulièrement intéressés et formés aux questions que nous allions aborder.

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Quatre ou cinq professeurs de l’établissement avaient également souhaité assister à nos interventions qui se sont déroulées dans un bel amphithéâtre et sur une durée de près de 3 heures.

Déjà, le 22 mars 2019, avant le Covid, certains d’entre nous avaient eu la possibilité de témoigner dans ce lycée et j’avais pu faire publier un compte-rendu sur notre site.

Emma Coutin, de l’Onac, assurait l’introduction, les présentations et l’animation de la séance, questions des élèves et réponses des intervenants.
Ceux-ci avaient l’habitude d’intervenir en commun. Il s’agissait de Lalia Ducos, son mari Jean-Paul Ducos, Jacqueline Messaouda-Gozland, Messaoud Guerfi, et moi-même.

Afin de ne pas alourdir ce compte-rendu je ne rappellerai pas ici le contenu de leurs interventions. On pourra, si on le souhaite, se reporter sur le site de la 4acg (www.4acg.org) aux comptes-rendus suivants où l’on trouvera des récits semblables à ceux évoqués ce jour : témoignages au lycée Jean-Baptiste Poquelin de Saint-Germain-en-Laye du 8 avril 2023 (http://www.4acg.org/Temoignages-au-Lycee-Jean-Baptiste-Poquelin-de-Saint-Germain-en-Laye) et du collège Gustave Flaubert à Paris du 12 mai 2023 (http://www.4acg.org/Temoignages-au-college-Gustave-Flaubert-a-Paris-le-12-mai-2023).

Je situe donc ici, et seulement, chacun de ces intervenants :

–  Lalia, née en 1942 à Cherchel, est la fille d’un militant FLN qui fut arrêté et torturé par l’armée française. Bien que de milieu modeste elle a pu, par sa volonté et le soutien de ses parents, bénéficier de bonnes études dans un lycée où les professeurs ne faisaient pas de différence entre les indigènes et les pieds noirs. Après la libération de l’Algérie elle s’est efforcée de faire valoir les droits des femmes dans son pays.

Jean-Paul est né près de Tlemcem. Son père était pénétré de la devise républicaine : liberté égalité, fraternité. C’est avec ces idées libérales qu’il a poursuivi ses études à l’université d’Alger. Ses lectures de Camus et d’Aimé Césaire ont fortifié ses convictions et il s’est vite heurté à une majorité d’étudiants pieds noirs qui soutenaient L’OAS. Après l’indépendance il a pris la nationalité algérienne et il est devenu professeur de mathématiques à l’université d’Alger.

Jacqueline Messaouda est une juive d’Algérie. Elle a tenu à rappeler que l’implantation des Juifs dans ce pays a précédé celle des Arabes. Son père a été victime d’une bombe à Constantine et sa famille se sentant menacée, elle a dû fuir l’Algérie avec sa mère peu avant l’indépendance du pays.

Messaoud est devenu harki dans les circonstances qu’il a expliquées. Son père, ancien combattant de la guerre 39/45, qui avait exprimé des sympathies pour l’armée française a été assassiné par le FLN avec six membres de sa famille. Au moment de son appel sous les drapeaux, plutôt que d’être incorporé en Allemagne il a pu s’enrôler parmi les supplétifs ce qui lui a permis de rester près de sa mère et de soutenir sa famille. À l’issue de la guerre il a été torturé par le FLN, mais il a pu fuir et se réfugier en France.

Après les témoignages un peu trop longs pour permettre un échange suffisant avec les élèves, j’ai pu noter les questions suivantes :
–  Après les événements que vous avez vécus, comment avez-vous pu surmonter les traumatismes que vous avez subis ?
–  Le monde va mal. Des guerres se déclenchent à nos portes. Le climat se dégrade. Comment, malgré tout, garder espoir ?
–  Pendant la guerre vous avez été soumis à la propagande, vous avez été mal ou peu informés. Comment avez-vous pu reconstituer un récit historique ?
–  La guerre d’Algérie a duré longtemps, a provoqué des centaines de milliers de morts, a créé beaucoup de malheurs. Aurait-on pu faire autrement ?
–  Êtes-vous retournés en Algérie ? Avez-vous pu rencontrer en Algérie ou en France d’anciens combattants de l’ALN ?


Christian Travers

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